"D'où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrange
montant comme la mer sur le roc noir et nu?"
Quand notre cœur a fait une fois sa vendange,
vivre est un mal. C'est un secret de tous connu,
montant comme la mer sur le roc noir et nu?"
Quand notre cœur a fait une fois sa vendange,
vivre est un mal. C'est un secret de tous connu,
une douleur très-simple et non mystérieuse,
et, comme votre joie, éclatante pour tous.
Cessez donc de chercher, ô belle curieuse!
et, bien que votre voix soit douce, taisez-vous!
et, comme votre joie, éclatante pour tous.
Cessez donc de chercher, ô belle curieuse!
et, bien que votre voix soit douce, taisez-vous!
Taisez-vous, ignorante! Âme toujours ravie!
Bouche au rire enfantin! Plus encor que la vie,
la mort nous tient souvent par des liens subtils.
Bouche au rire enfantin! Plus encor que la vie,
la mort nous tient souvent par des liens subtils.
Laissez, laissez mon cœur s'enivrer d'un mensonge,
plonger dans vos beaux yeux comme dans un beau songe
et sommeiller longtemps à l'ombre de vos cils!
plonger dans vos beaux yeux comme dans un beau songe
et sommeiller longtemps à l'ombre de vos cils!
“Perché – tu mi dicevi – questa strana tristezza
che sale come l’alta marea sopra gli scogli?”
Quando il cuore ha già fatto ormai la sua vendemmia,
vivere è solo un male: è un segreto notissimo;
un dolore ben semplice, per nulla misterioso
e, come la tua gioia, a chiunque palese.
Smetti dunque, mia bella curiosa, di cercare
e, benché la tua voce sia così dolce, taci!
Taci, perché non sai. Anima sempre in estasi!
Bocca d’una bambina! Più ancora che la Vita,
con dei lacci sottili può legarci la Morte.
Lascia che la mia anima s’inebri di un inganno,
che affondi nei tuoi occhi come dentro un bel sogno
e all’ombra lungamente dorma delle tue ciglia.
Réversibilité
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le coeur comme un papier qu'on froisse?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse?
Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine?
Ange plein de bonté connaissez-vous la haine?
Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,
Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard,
Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard,
Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres?
Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres?
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
De lire la secrète horreur du dévouement
Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avide!
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides?
Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
David mourant aurait demandé la santé
Aux émanations de ton corps enchanté;
Mais de toi je n'implore, ange, que tes prières,
Ange plein de bonheur, de joie et de lumières!
Angelo di allegria, conosci tu l'angoscia,
la vergogna e i rimorsi, i singhiozzi e la noia,
ed i vaghi terrori di quelle notti orribili
che làcerano il cuore come fosse di carta?
Angelo di allegria, conosci tu l'angoscia?
Angelo di bontà, conosci tu il rancore,
nel buio i pugni stretti, le lacrime di fiele,
quando Vendetta chiama con infernali trombe
e delle nostre anime si fa il capitano?
Angelo di bontà, conosci tu il rancore?
Angelo di salute, conosci tu le Febbri,
che lungo gli alti muri dei lividi ospedali,
come degli esiliati, si trascinano e vanno
cercando il poco sole, distorcendo le labbra?
Angelo di salute, conosci tu le Febbri?
Angelo di bellezza, conosci tu le rughe,
l'ansia della vecchiaia e quel tormento atroce
di leggere un'orribile traccia di compassione
negli occhi ove per anni bevemmo avidamente?
Angelo di bellezza, conosci tu le rughe?
Angelo di letizia, felicità e luce,
David morente avrebbe invocato la vita
agli effluvi soltanto del tuo corpo incantato;
ma da te non imploro altro che una preghiera,
Angelo di letizia, felicità e luce!

Nessun commento:
Posta un commento
here we are