Georgien 2008

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La pipa del poeta, con l'esempio in una nota, dei dilemmi fra il tenere un ritmo o il senso della versione originale




ph: Staglieno, Danzando con la morte (dalla Rete)





[...]
. . . . . . . . . . . . .
- Dors encor: la Bête est calmée,
File ton rêve jusqu'au bout...
Mon Pauvre!... la fumée est tout.
- S'il est vrai que tout est fumée...




[...]
. . . . . . . . . . . . .
- Dormi ancora: Bestia calma,
fila fino in fondo il tuo sogno...
Povero mio!... il fumo è tutto.
- Se è vero che tutto è fumo...




n.d.trad.:

"Bestia calma", deve essere inteso come ablativo assoluto; come si vede dal testo fr della v.o. non l'ho reso con il significato letterale (la Bestia calmata - come fanno abbastanza comprensibilmente altri), per motivi metrici. Leggete, o italiani, almeno voi che leggete poesia, leggete in francese. Porgo solo un aiutino.







- Schlaf noch: das Biest ist ruhig,
spinn zu Ende Deinen Traum...
Mein Armer!...Rauch ist alles.

- Wenn’s stimmt dass alles Rauch ist...








Gli amori gialli







*

Savinien Cyrano de Bergerac, Histoire comique des états et empire de la Lune




La lune était en son plein, le ciel était découvert, et neuf heures du soir étaient sonnées lorsque, revenant de Clamart, près de Paris (où M. de Cuigny le fils, qui en est seigneur, nous avait régalés, plusieurs de mes amis et moi), les diverses pensées que nous donna cette boule de safran nous défrayèrent sur le chemin. De sorte que les yeux noyés dans ce grand astre, tantôt l'un le prenait pour une lucarne du ciel par où l'on entrevoyait la gloire des bienheureux ; tantôt un autre, persuadé des fables anciennes, s'imaginait que possible Bacchus tenait taverne là-haut au ciel, et qu'il y avait pendu pour enseigne la pleine lune ; tantôt un autre assurait que c'était la platine de Diane qui dresse les rabats d'Apollon ; un autre, que ce pouvait bien être le soleil lui-même, qui s'étant au soir dépouillé de ses rayons, regardait par un trou ce qu'on faisait au monde quand il n'y était pas. « et moi, leur dis-je, qui souhaite mêler mes enthousiasmes aux vôtres, je crois sans m'amuser aux imaginations pointues dont vous chatouillez le temps pour le faire marcher plus vite, que la lune est un monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de lune. Quelques-uns de la compagnie me régalèrent d'un grand éclat de rire. « Ainsi peut-être, leur dis-je, se moque-t-on maintenant dans la lune, de quelque autre, qui soutient que ce globe-ci est un monde. » Mais j'eus beau leur alléguer que Pythagore, Epicure, Démocrite et, de nôtre âge, Copernic et Kepler, avaient été de cette opinion, je ne les obligeai qu'à rire de plus belle. Cette pensée cependant, dont la hardiesse biaisait à mon humeur, affermie par la contradiction, se plongea si profondément chez moi, que, pendant tout le reste du chemin, je demeurai gros de mille définitions de lune, dont je ne pouvais accoucher ; de sorte qu'à force d'appuyer cette croyance burlesque par des raisonnements presque sérieux, il s'en fallait peu que je n'y déférasse déjà, quand le miracle ou l'accident, la Providence, la fortune, ou peut-être ce qu'on nommera vision, fiction, chimère, ou folie si on veut, me fournit l'occasion qui m'engagea à ce discours : Étant arrivé chez moi, je montai dans mon cabinet, où je trouvai sur la table un livre ouvert que je n'y avais point mis. C'était celui de Cardan ; et quoique je n'eusse pas dessin d'y lire, je tombai de la vue, comme par force, justement sur une histoire de ce philosophe, qui dit qu'étudiant un soir à la chandelle, il aperçut entrer, au travers des portes fermées, deux grands vieillards, lesquels après beaucoup d'interrogations qu'il leur fit, répondirent qu'ils étaient habitants de la lune, et, en même temps, disparurent.

Raymond Queneau, I fiori blu e non solo




Les fleurs bleues 


Le vingt-cinq septembre douze cent soixantequatre,
au petit jour, le duc d'Auge
se pointa sure le sommet du donjon de son château pour y considérer, un tantinet soit peu, la situation historique. Elle était plutôt floue. Des restes du passé traînaient encore ça et là, en vrac. Sur les bords du ru voisin, campaient   deux Huns; non loin d'eux un Gaulois, Euden peut-être, trempait audacieusement ses pieds dans l'eau courante et fraîche. Sur l'horizon se dessinaient les silhouettes molles de Romains fatigués, de Sarrasins de Corinthe, de Francs anciens, d'Alains seuls. Quelques Normands buvaient du calva.
Le duc d'Auge soupira mais n'en continua pas d'examiner attentivement ces phénomènes usés.
Les Huns préparaient des stéques tartares, le Gaulois fumait une gitane, les Romains dessinaient des greques, les Sarrasins fauchaient de l'avoine, les Francs cherchaient des sols et les Alains regardaient cinq Ossétes. Les Normands buvaient du calva.
- Tant d'histoire, dit le duc d'Auge au duc d'Auge, tant d'histoire pour quelques calembours, pour quelques anachronismes. Je trouve cela misérable. On n'en sortira donc jamais?

I fiori blu 


Il venticinque settembre milleduecentosessantaquattro, sul far del giorno, il Duca d'Auge salì in cima al torrione del suo castello per considerare, almeno un momentino, la situazione storica. Essa era piuttosto confusa. Resti del passato si trascinavano ancora qua e là alla rinfusa. Sulle rive del vicino rivo erano accampati due Unni; poco distante da loro un Gallo, forse Eudeno, immergeva audacemente i piedi nella fresca acqua corrente.
All'orizzonte si disegnavano le sagome sfatte di Romani affaticati, di Saraceni di Corinto, di antichi Franchi, di   Vandali solitari.
Qualche Normanno beveva calvadòs.
Il Duca d'Auge sospirò ma non continuò l'attento esame di quei fenomeni soliti.
Gli Unni cucinavano bistecche alla tartara, i Gaulois fumavano gitanes, i Romani disegnavano greche, i Saraceni falciavano l’avena, i Franchi cercavano un sol e gli Alani guardavano cinque Osseti.
 I Normanni bevevano calvadòs.
- Tutta questa storia, - disse il Duca d'Auge al Duca d'Auge, - tutta questa storia per qualche gioco di parole, per qualche anacronismo. Trovo che sia una miseria. Non se ne uscirà dunque mai?




Les derniers jours


   Lorsque Vincent Tuquedenne débarqua du train du Havre, il était timide, individualiste-anarchiste et athée. Il ne portait pas de lunettes bien qu'il fût myope, et laissait croître sa chevelure afin de témoigner de ses opinions. Tout cela lui était venu en lisant des livres, beaucoup de livres, énormément de livres.
  Supportant mal au bout de son bras le poids d'une valise trop lourde pour ses muscles inexercés, il marcha d'un pas hésitant vers le petit hôtel de la rue [...].
  Il ne séjourna pas longtemps en sa mansardeuse chambrette et se lança dans le Nord-Sud pour se rendre au quartier Latin. Il commit une erreur en descendant à Rennes, croyant qu'il pouvait changer pour Saint-Michel, mais fut cependant stupéfait de se débrouiller si bien. Il prit sa première inscription de licence ès lettres, nouveau régime. Il y passa sa journée, considérant avec mépris la folle jeunesse qui l'entourait, avide de diplômes et stupidement chahuteuse. Ce n'était pas très différent de la rentrée des classes au lycée du Havre.
  Vers les quatre heures, il se trouva en possession d'un livret universitaire et d'une carte d'étudiant ornée de sa photographie. (Il ne se trouvait pas mal sur cette photo ; il y avait bien l'air d'un lecteur de Stirner et de Bergson.) L'horloge de la Sorbonne lui apprit qu'il était quatre heures cinq ; il ne sut que faire jusqu'au dîner. Il monta le boulevard Saint-Michel jusqu'à la rue Gay-Lussac, puis le redescendit jusqu'à la Seine. Ensuite il le remonta jusqu'à la rue Gay-Lussac, puis le redescendit jusqu'à la Seine. Il essaya le trottoir de gauche après avoir arpenté le droit. La nuit se coucha sur la ville. Vincent Tuquedenne continuait à tuer le temps à coups de talon, à piétiner ces minutes désastreusement vides qu'il ne savait même pas remplir avec des cafés-crème. À sept heures tapant, il pénétra dans le Chartier de la rue Racine, à lui conseillé par son père, et y absorba, assis à une table au premier étage à gauche en montant, un filet de hareng à l'huile, une andouillette aux pommes, un mendiant et un quart de vin rouge. Puis il alla prendre l'AI place Saint-Michel et rentra sans difficulté à l'Hôtel du Tambour, comme se nommait cette cassine.
  Lorsqu'il eut derrière lui refermé la porte de sa chambre il constata qu'il n'y avait là que lui-même. Il essaya de détruire sa solitude en rangeant ses objets de toilette, ses vêtements, ses livres. Il tenta de s'exalter en pensant qu'il logeait rue de Caboul et que cette ville est la capitale de l'Afghanistan, mais sans y réussir. Il entendait tout le temps fonctionner la chasse d'eau. Il installa une petite table sous la lampe, prit un cahier tout neuf et s'assit devant la page blanche qu'il égratigna de son écriture. Vincent Tuquedenne savait que ce jour était un grand jour et qu'il inaugurait une nouvelle période de sa vie. Il lui fallait donc un cahier neuf pour son journal.


Quando Vincent Tuquedenne sbarcò dal treno di Havre, era timido, individualista-anarchico e ateo. Non portava occhiali benché fosse miope, e lasciava crescere i suoi capelli al fine di testimoniare le sue opinioni. Tutto ciò gli era venuto dal leggere libri, molti libri, enormemente libri.
Mal sopportando in fondo al suo braccio il peso di una valigia troppo carica per i suoi muscoli non esercitati, camminava a un passo esitante verso il piccolo albergo della via (…).


Raymond Queneau (1903-1976)






Petite cosmogonie portative


La terre apparaît pâle et blette elle mugit
distillant les gruaux qui glossent dans le tube
où s'aspirent les crus des croûtes de la nuit
gouttes de la microbienne entrée au sourd puits
la terre apparaît pâle et blett elle s'imbibe
de la fièvre amorce des foutus exorages
Un calme s'établit Les nuages ont fondu
comme le plomb balourd des soldats survécus
Un lierre un gardénia des fleurs enfantillages
accomplissent le joug des temps mûrs sur la terre.


Piccola cosmogonia portatile 


La terra smorta e mézza si dimostra
e muggisce fermenti distillando,
che chiocciano nel tubo ove s'aspirano
vini autoctoni che le croste fecero
della notte, goccette che al microbico
ingresso van del cieco pozzo. Appare
la terra: smorta e mézza s'imbibisce
della febbre, preludio di fottuti
uragani. S'impone calma. Nuvole
si sono fuse in un balordo piombo
di soldati sopravvissuti. Un'edera,
una gardenia, fanciulleschi fiori,
mettono in giogo dei maturi tempi
alla terra.

(Traduzione: Sergio Solmi)



Zazie dans le métro 


Doukipudonktan, se demanda Gabriel excédé.
Pas possible, ils se nettoient jamais. Dans le journal, on dit qu'il y a pas onze pour cent des appartements à Paris qui ont des salles de bains, ça m'étonne pas, mais on peut se laver sans. Tous ceux-la qu m'entourent, ils doivent pas faire de grands efforts. D'une autre côté, s'est tout de même pas un choix parmi les plus crasseux de Paris. Y a pas de raison. C'est le hasard qui les a réunis. On peut pas supposer que les gens qu'attendent à la gare d'Austerliz sentent plus mauvais que ceux qu'attendent à la gare de Lyon. Non vraiment, y a pas de raison. Tout de même quelle odeur.
Zazie nel metrò 


Macchiffastapuzza, si chiese Gabriel, arcistufo. Impossibile, mai che puliscano. Sul giornale c'è scritto che a Parigi non c'è nemmeno l'undici per cento di appartamenti col bagno, non c'è da meravigliarsi, ma ci si può lavare anche senza. Tutti questi che mi stan d'attorno, però, devo dire che mica fanno dei gran sforzi. D'altra parte, perché dovrebb'essere una selezione fra i più lerci di Parigi? Non c'è motivo. È il caso. È assurdo supporre che la gente che sta aspettando alla Gare d'Austerlitz puzzi più di quella che aspetta alla Gare de Lyon. No, via, non ci sarebbe proprio motivo. Però, dico: ma che odore.

(Traduzione: Franco Fortini)


Exercices de style 

Notations

Dans l'S, à une heure d'affluence. Un type, dans les vingt-six ans, chapeau mou avec cordon remplaçant le ruban, cou trop long comme si on lui avait tiré dessus.
Les gens descendent. Le type en question s'irrite contre un voisin. Il lui reproche de le bouscule chaque fois qu'il passe quelqu'un. Ton pleurnichard qui se veut méchant. Comme il voit une place libre, se précipite dessus. Deux heures plus tard, je le rencontre Cour de Rome, devant la gare Saint-Lazare. Il est avec un camarade qui lui dit: "Tu devrais faire mettre un bouton supplémentaire à ton pardessus". Il lui montre où (à l'échancrure) et pourquoi.
Esercizi di stile 

Notazioni

Sulla S, in un'ora di traffico. Un tipo di circa ventisei anni, cappello floscio con una cordicella al posto del nastro, collo troppo lungo, come se glielo avessero tirato. La gente scende. Il tizio in questione si arrabbia con un vicino. Gli rimprovera di spingerlo ogni volta che passa qualcuno. Tono lamentoso, con pretese di cattiveria. Non appena vede un posto libero, vi si butta. Due ore più tardi lo incontro alla Cour de Rome, davanti alla Gare Saint-Lazare. È con un amico che gli dice: "Dovresti far mettere un bottone in più al soprabito". Gli fa vedere dove (alla sciancatura) e perché.

(Traduzione: Umberto Eco)






·  1933  Le chiendent 
·  1934  Gueule de pierre
·  1936  Les derniers jours
·  1937  Odile
·  1937  Chêne et chien
·  1938  Les enfants du limon
·  1939  Un rude hiver 
·  1941  Les temps mélés
·  1942  Pierrot mon ami
·  1943  Les Ziaux
·  1944  Loin de Rueil
·  1946  L'Instant fatal, aux nourritures terrestres
·  1947  Bucoliques
·  1947  Exercices de style
·  1947  On est toujours trop bon avec les femmes
·  1948  Monuments
·  1948  Saint Glinglin
·  1950  Journal intime
·  1950  Petite cosmogonie portative
·  1950  Batons, chiffres et lettres
·  1952  Le dimanche de la vie
·  1952  Si tu t'imagines
·  1956  Pour une bibliothèque idéale, enquéte présentée par Raymond Queneau, de Académie Goncourt
·  1958  Le chien à la mandoline
·  1958  Sonnets
·  1959  Zazie dans le metro
·  1961  Cent mille milliards de poèmes
·  1962  Entretiens avec Georges Charbonnier
·  1962  Les oevres completes de Sally Mara
·  1963  Bords: Mathématiciens, Précurseurs, Encyclopédistes
·  1963  Bourbaki et les mathématiques de demain
·  1965  Les fleurs bleues
·  1966  Une historie modele
·  1967  Courir les rues
·  1968  Battre la campagne
·  1968  Le vol d'Icare
·  1969  Fendre les flots
·  1973  Le voyage en Grèce
·  1975  Morale élémentaire
·  1981  Contes et propos
·  1986  Journal 1939-1940 - Philosophes et Voyous

·  Traité des vertus démocratiques, Gallimard, Cahiers de la NRF, 1993
-          Comprendre la folie (1933), in appendice a Jacques Jouet, Raymond Queneau Qui êtes-vous?, Lyon, La manufacture, 1988.

- «Volonté», 1938, Che cos'è l'arte? in Segni, cifre e lettere e altri saggi, p. 207.





Notevarie


  Après avoir été employé de banque et vendeur, il entre aux Éditions Gallimard comme lecteur d'anglais en 1938 et se consacre à l'écriture. Il fonde avec Henry Miller la revue Volontés,
Il connaît son premier succès littéraire avec Pierrot mon ami, en 1942.
Il appartenait au Collège de Pataphysique depuis 1950, il présidait aux travaux de l'Oulipo (OUvroir de LIttérature POtentielle) qu'il avait créé avec François Le Lionnais, il était membre de l'Académie Goncourt depuis 1951 et, depuis 1954, assurait la direction de la publication des encyclopédies de la Pléiade.
Les Enfants du limon (1938), dans lequel est intégrée une enquête sur les « fous littéraires ».
 Les Temps mêlés de 1943 qui reprennent trois récits sous trois genres littéraires différents (poésie, prose et théâtre).
Les études critiques réunies dans Bâtons, chiffres et lettres (1965).
Recueil d'aphorismes (Sally plus intime).
   Les chansons , les traductions ou textes pour le cinéma , tous ces écrits dits « mineurs » réunis, après sa mort survenue en 1976, dans Contes et propos (1981).








Rabelais, che scriveva solo mangiando


François Rabelais (1494-1553)

 


Gargantua et Pantagruel



Je vous remectz à la grande chronicque Pantagrueline recongnoistre la genealogie et antiquité dont nous est venu Gargantua. En icelle vous entendrez plus au long comment les geands nasquirent en ce monde, et comment d'iceulx, par lignes directes, yssit Gargantua, pere de Pantagruel, et ne vous faschera si pour le present je m'en deporte, combien que la chose soit telle que, tant plus seroit remembrée , tant plus elle plairoit à vos Seigneuries; comme vous avez l'autorité de Platon, in "Philebo" et "Gorgias", et de Flacce, qui dict estre aulcuns propos, telz que ceulx cy sans doubte, qui plus sont  delectables quand plus souvent sont redictz. Pleust à Dieu qu'un chascun sceust aussi certainement sa geneallogie, depuis l'arche de Noë  jusques à cest eage! Je pense que plusieurs sont aujourd'huy empereurs, roys, ducz, princes et papes en la terre, lesquels sont descenduz de quelques porteurs de rogatons et de coustretz, comme, au rebours, plusieurs sont gueux de l'hostiaire, souffreteux et miserables, lesquelz sont descenduz de sang et ligne de grandz roys et empereurs, attendu l'admirable transport des regnes et empires: ...

Gargantua e Pantagruele



Vi rimando alla Gran Cronaca Pantagruelica per la ricognizione della genealogia e antichità donde venne a noi Gargantua. Nella quale voi troverete più per disteso come i giganti nacquero in questo mondo, e come da essi, in linea retta, discese Gargantua, padre di Pantagruele e non vi dispiaccia se per il momento io me ne dispenso, ancora che la cosa sia tale che, quante più volte fosse ricordata, tanto più piacerebbe alle vostre signorie; avendo in ciò l'autorità di Platone, nel "Filebo" e nel "Gorgia", nonché di Flacco, che dice esservi certi argomenti, come sono questi miei senza dubbio, i quali tanto più divertono quanto più si ripetono.
Piacesse a Dio che ciascuno sapesse con altrettanta certezza la sua genealogia, dall'arca di Noè fino all’epoca nostra!
 Io penso che vi siano oggi parecchi imperatori, re, duchi, principi e papi su questa terra, i quali sono discesi da rigattieri e da facchini; come, viceversa, tanti sono oggi straccioni da ospizio, sofferenti e in miseria, che son discesi dal sangue e dalla stirpe di grandi re e imperatori, considerando l'ammirevole trasferirsi dei regni e degli imperi: ...