Georgien 2008

Georgien 2008

Semper eadem







D'où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrange,
montant comme la mer sur le roc noir et nu?
Quand notre coeur a fait une fois sa vendange,
vivre est un mal! C'est un secret de tous connu,
une douleur très simple et non mystérieuse,
et, comme votre joie, éclatante pour tous.
Cessez donc de chercher, ô belle curieuse!
Et, bien que votre voix soit douce, taisez-vous!

Taisez-vous, ignorante! âme toujours ravie!
Bouche au rire enfantin! Plus encore que la vie,
la mort nous tient souvent par des liens subtils.

Laissez, laissez mon coeur s'enivrer d'un mensonge,
plonger dans vos beaux yeux comme dans un beau songe,
et sommeiller longtemps à l'ombre de vos cils!


Da dove viene, dicevate, questa tristezza strana,
che come il mare sale la nera roccia nuda?
Una volta che il cuore ha vendemmiato,
vivere è un male! Un segreto ben noto,

una pena semplice e non misteriosa,
e, come la gioia, a tutti evidente.
Smettete di indagare, o bella curiosa!
E pur se dolce sia la vostra voce, tacete!

Tacete voi ignorante! Anima rapita!
Bocca dal riso infantile! Più che la vita,
la morte ci regge spesso con fili sottili.

Lasciate il cuore s’inebri di menzogne,
che cali nei vostri occhi belli come nei bei sogni,
a lungo  si assopisca all’ombra dei bei cigli!



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