Georgien 2008

Georgien 2008

Petite gare, petite gare, quel bonheur je te dois






 


Torna o mia prima felicità!

La gioia abita le strane città,

Le nuove magie son scese sulla terra.

Città dei sogni insognati,

Costrutte da demoni con santa pazienza,

Voi, fedele, canterò!

Un dì sarò anch’io uomo di sasso,

Sposo vedovo sul sarcofago etrusco.

Quel giorno, materne, stringetemi

Nell’abbraccio vostro grande, di pietra.




Espoirs


Les astronomes poétisants sont bien joyeux.

La journée est radieuse la place pleine de soleil.

Sur la vérandah ils sont penchés.

Musique et amour. La dame trop belle

Je voudrais mourir pour ses yeux de velours.


Un peintre a peint une énorme cheminée rouge

Qu’un poète adore comme une divinité.

J’ai revu cette nuit de printemps et de cadavres

Le fleuve charriait des tombeaux qui ne sont plus.

Qui veut vivre encore? Les promesses sont plus belles.


On a hissé tant de drapeaux sur la gare

Pourvu que l’horloge ne s’arrête pas

Un ministre doit arriver.

Il est intelligent et doux il sourit

Il comprend tout et la nuit à la lueur d’une lampe fumante

Pendant que le guerrier de pierre dort sur la place obscure

Il écrit des lettres d’amour tristes et ardentes.





Mélancolie


Lourde d’amour et de chagrin

mon âme se traîne comme une chatte blessée

Beauté des longues cheminées rouges.

Fumée solide. Un train sife. Le mur.

Deux artichauts de fer me regardent.

J’avais un but. Le pavillon ne claque plus

Bonheur, bonheur, je te cherche

Un petit vieillard si doux chantait doucement

une chanson d’amour.

Le chant se perdit dans le bruit

de la foule et des machines

Et mes chants et mes larmes se perdront

aussi dans tes cercles horribles

ô éternité.




Petite gare, petite gare, quel bonheur je te dois. Tu regardes de tous les côtés, à droite, à gauche et par derrière aussi. Tes étendards claquent éperdument, pourquoi souffrir? Laissons passer, ne sommes-nous pas déjà assez nombreux? Traçons avec la blanche craie ou le noir charbon le bonheur et son énigme; l’énigme et son affirmation. Sous les portiques il y a des fenêtres; à chaque fenêtre un oeil nous regarde et derrière des voix nous appellent. C’est à nous qu’il vient, le bonheur de la gare, c’est de nous qu’il sort transfiguré. Petite gare, petite gare, tu es un jouet divin. Quel Zeus distrait t’a oublié sur cette place si carrée et si jaune, près de ce jet d’eau si limpide et si troublant? Tous tes petits drapeaux claquent à la fois sous le vertige du ciel lumineux. Derrière des murs la vie roule comme une catastrophe. Que t’importe à toi de tous cela?... Petite gare, petite gare, quel bonheur je te dois.







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